Ce que nous avons entendu : Table ronde sur la gouvernance, la technologie et les personnes - Rapport sommaire

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT) à Ressources naturelles Canada (RNCan), en partenariat avec le Conseil canadien de géomatique (COCG)

25 avril 2025

Avis de non-responsabilité

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Le présent document a été préparé ou élaboré par TDV Global à titre personnel. Les opinions exprimées dans ce sommaire ne reflètent pas nécessairement celles de Ressources naturelles Canada.

Table des matières

Résumé

Objectif

La table ronde sur la gouvernance, la technologie et les personnes a eu lieu le 20 mars 2025, dans le cadre d’une initiative collaborative menée conjointement par le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT) et le Conseil canadien de géomatique (COCG), afin d’obtenir les points de vue des partenaires et des intervenants sur la manière de moderniser et de renforcer l’infrastructure de données spatiales (IDS) du Canada. Organisée virtuellement, la table ronde visait à recueillir des perspectives variées sur les défis, possibilités et innovations liés à l’évolution de l’Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG). Les échanges ont porté sur les voies stratégiques interconnectées du Cadre intégré d’information géospatiale (CIIG) des Nations Unies : la gouvernance et les institutions, la technologie et les personnes.

Points importants

Les participants à la table ronde ont cerné les points forts, les points à améliorer et les recommandations ci-après :

Voies stratégiques 1 à 3 : Gouvernance et institutions, aspects politiques et juridiques, finances

  • Les producteurs, agrégateurs et utilisateurs de données manquent de coordination claire, entraînant des inefficacités dans l’écosystème géospatial.
  • La géomatique reste peu valorisée dans les structures hiérarchiques, malgré son importance stratégique pour la gestion des données.
  • Une stratégie nationale et des rôles formels, comme un Directeur des données géospatiales (« Chief geospatial data officer »), sont nécessaires pour structurer et renforcer la gouvernance.
  • Mieux communiquer les bénéfices de la gouvernance des données et encourager la mutualisation des efforts pour maximiser l’impact collectif.

Voies stratégiques 4 à 6 : Données, innovation et normes

  • L’absence de politiques ouvertes cohérentes limite l’accès équitable et la réutilisation des données géospatiales.
  • Des métadonnées disparates entre administrations freinent l’interopérabilité et la découvrabilité des jeux de données.
  • Les principes PCAP® doivent être systématiquement intégrés aux pratiques de gouvernance et de partage des données.
  • Il est nécessaire d’établir des standards communs, des mécanismes de certification et une meilleure cohérence des licences pour soutenir l’innovation technologique.

Voies stratégiques 7 à 9 : Partenariats, capacités et éduc

  • L’absence d’un modèle de financement centralisé pour l’ICDG limite la pérennité des capacités humaines et techniques en géomatique.
  • La baisse de reconnaissance du domaine nuit à l’attractivité des carrières en géomatique et freine la relève.
  • Il est difficile pour les décideurs de justifier les coûts invisibles liés à l’entretien des infrastructures numériques sans un modèle clair de retour sur investissement.
  • Intégrer la dimension géospatiale dans des projets visibles du public et stimuler les partenariats public-privé est nécessaire pour diversifier et sécuriser les financements.

Actions proposées

  • Lancer la rédaction d’une stratégie nationale de gouvernance géospatiale.
  • Évaluer la faisabilité d’une certification professionnelle pancanadienne.
  • Développer une stratégie nationale de métadonnées.
  • Mettre en place un modèle de financement durable pour l’ICDG.
  • Créer un cadre légal de conformité et d’octroi de licences clair et cohérent.
  • Promouvoir la participation autochtone équitable dans la gouvernance des données.

Conclusion

Les participants à la table ronde sur la gouvernance, la technologie et les personnes ont souligné l’urgence d’une réforme coordonnée et inclusive de la gouvernance géospatiale au Canada. Ils ont insisté sur l’importance de créer des structures légales et stratégiques pour ancrer l’écosystème géospatial dans les réalités actuelles et futures.

Pour poursuivre l’engagement, visitez : Parlons Ressources Naturelles.

Remerciements

Ce rapport n’aurait pas été possible sans la contribution des personnes et des organisations qui ont pris le temps de participer à la table ronde. Nous tenons à exprimer notre gratitude aux participants de l’industrie, du milieu universitaire, des organisations autochtones, des ONG ainsi que des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux pour leurs précieux points de vue sur l’infrastructure géospatiale du Canada.

Introduction

Le CCCOT et le COCG utilisent le modèle de pratiques exemplaires mondiales du Cadre intégré d’information géospatiale des Nations Unies (CIIG des NU – en anglais seulement) comme cadre pour évaluer l’état actuel de l’écosystème canadien des données géospatiales, l’Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG), et en planifier l’évolution. L’ICDG regroupe l’ensemble des données géospatiales, des normes, des politiques, des applications et des mécanismes de gouvernance qui en facilitent l’accès, l’utilisation, l’intégration et la préservation au Canada.

La phase 1 comprenait l’utilisation de trois méthodes de collecte de données : 1) des entretiens individuels ou en petits groupes avec des producteurs et utilisateurs de données géospatiales des gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral ; 2) un inventaire/sondage écrit permettant de recueillir des informations plus détaillées auprès des organisations rencontrées ; 3) une étude documentaire fondée sur la recherche réalisée par un tiers indépendant.

La phase 2 est passée de l’évaluation de l’ICDG à la collecte de perspectives diversifiées afin d’aider à orienter la modernisation et l’évolution de la gestion et de l’utilisation des données spatiales au Canada. Grâce à une approche de tables rondes, les partenaires et les intervenants ont eu l’occasion de contribuer à façonner l’avenir géospatial du Canada, afin qu’il soit plus réactif, innovant et efficace pour tous les Canadiens. Les résultats des tables rondes seront examinés par le COCG afin d’éclairer l’élaboration d’une stratégie géospatiale collaborative.

La table ronde sur la gouvernance, la technologie et les personnes s’est tenue virtuellement le 20 mars 2025. L’objectif principal était de permettre aux participants d’explorer les moyens de rendre l’IDS du Canada plus collaborative, inclusive et adaptée aux réalités actuelles.

Les discussions ont porté sur les neuf voies stratégiques du cadre du CIIG-UN, regroupées sous les thèmes suivants : Gouvernance et institutions, Technologie et Personnes. Les participants représentaient le gouvernement fédéral, les provinces/territoires (notamment le Québec), des municipalités, des institutions académiques, ainsi que des professionnels du secteur privé. Les sections suivantes fournissent des détails sur les défis, les solutions, les possibilités et les réflexions des participants à la table ronde.

Résultats

Voies stratégiques 1 à 3 : Gouvernance et institutions, aspects politiques et juridiques, finances

Enjeux soulevés 

  • Producteurs dispersés : Multiplicité des producteurs de données sans mutualisation (p. ex. ministère des Ressources naturelles et des forêts du Québec).
  • Rôles mal définis : Rôles flous entre producteurs, agrégateurs et utilisateurs de données.
  • Faible valorisation : Faible visibilité des avantages de la gouvernance des données.
  • Fragmentation organisationnelle : Fragmentation organisationnelle et administrative excessive.
  • Manque de reconnaissance : Manque de reconnaissance de la géomatique dans les structures hiérarchiques.

Solutions avancées 

  • Stratégie nationale : Développer une stratégie nationale de gouvernance géospatiale.
  • Leadership formel : Créer des rôles officiels comme un Directeur des données géospatiales (« Chief geospatial data officer »).
  • Cogestion horizontale : Miser sur la cogestion horizontale plutôt que sur des structures ascendantes.
  • Communication simplifiée : Simplifier le langage pour mieux communiquer la valeur ajoutée aux partenaires.
  • Mutualisation des efforts : Encourager la mutualisation et éviter les duplications.

Voix des participants 

  • Participant d’une administration municipale : « Il faudrait promouvoir quelque chose d’ordinaire, plutôt que d’attendre d’avoir un truc parfait. »

Voies stratégiques 4 à 6 : Données, innovation et normes

Enjeux soulevés 

  • Accès non harmonisé : Les politiques d’accès ouvert aux données sont mal harmonisées et mal appliquées.
  • Métadonnées disparates : Les standards de métadonnées sont disparates d’une administration à l’autre.
  • Souveraineté insuffisante : Les principes de souveraineté des données autochtones (PCAP®) ne sont pas systématiquement respectés.
  • Licences incohérentes : Les systèmes d’octroi de licences manquent de cohésion.

Solutions avancées 

  • Groupe de travail : Créer un groupe de travail juridique intergouvernemental.
  • Matrice juridique : Établir une matrice de cadres juridiques provinciaux et territoriaux/fédéraux.
  • Certification des plateformes : Instaurer des mécanismes d’application clairs et une certification des plateformes fiables.
  • Harmonisation des standards : Travailler sur l’harmonisation des standards (ex. NG911 comme modèle).

Voix des participants 

  • Participant du secteur privé : « Les gens sont perdus au niveau des standards à adopter. Une certification nationale aiderait à l’harmonisation. »

Voies stratégiques 7 à 9: Personnes

Enjeux soulevés 

  • Financement centralisé absent : Absence de modèle de financement centralisé pour l’ICDG.
  • Valeur perçue en baisse : Diminution de la perception de valeur depuis l’adoption des données ouvertes.
  • Retour sur investissement : Retour sur investissement difficile à démontrer pour les décideurs.
  • Coûts invisibles : Les métadonnées et le maintien des infrastructures sont coûteux et invisibles pour les usagers.

Solutions avancées 

  • Investissement numérique dédié : Allouer un pourcentage fixe des projets d’infrastructure au volet numérique (ex. : 1 % numérique).
  • Modèle d’affaires durable : Élaborer un modèle d’affaires soutenable pour la production et la gestion des données.
  • Visibilité des investissements : Intégrer les investissements dans les projets visibles du public (services d’urgence, climat).
  • Partenariats public-privé : Encourager les partenariats public-privé pour diversifier les sources de financement.

Voix des participants 

  • Participant du secteur privé : « On en revient à l’œuf et la poule : il faut être attractif pour avoir des jeunes qui diplôment, mais il faut avoir du monde pour être attractif. [...] La géomatique est orpheline de patron. »

Thèmes transversaux

Communication et visibilité 

  • Valorisation des bénéfices : Nécessité de mieux structurer le discours autour des bénéfices publics des données géospatiales.
  • Point d’accès unique : Absence d’un point de contact unique ou d’un portail central pour les données géospatiales.
  • Dialogue intergénérationnel : Difficulté de maintenir une communication intergénérationnelle entre équipes techniques et équipes de communication.

Éducation et relève

  • Programmes en déclin : Fermeture de programmes collégiaux en géomatique (ex. : Collège Fleming).
  • Dépendance étudiante étrangère : Forte dépendance aux étudiants étrangers.
  • Reconnaissance professionnelle : Manque de reconnaissance officielle des titres professionnels.
  • Propositions de certification : Propositions de certification de gestionnaires SIG et d’agrégateurs.

Souveraineté et échelle

  • Structures redondantes : Problème de dédoublement des structures (municipal, provincial/territorial, fédéral).
  • Clarification des responsabilités : Besoin de définir clairement à quelle échelle doivent être gérées certaines responsabilités.
  • Défi d’attractivité : Il faut être attractif pour former la relève, mais il faut déjà de la relève pour être attractif.

Prochaines étapes

Actions proposées

  • Lancer la rédaction d’une stratégie nationale de gouvernance géospatiale.
  • Évaluer la faisabilité d’une certification professionnelle pancanadienne.
  • Développer une stratégie nationale de métadonnées.
  • Mettre en place un modèle de financement durable pour l’ICDG.
  • Créer un cadre légal de conformité et d’octroi de licences clair et cohérent.
  • Promouvoir la participation autochtone équitable dans la gouvernance des données.

Questions ouvertes

  • Qui devrait être responsable du développement de la stratégie nationale?
  • Quel organisme devrait superviser un éventuel système de certification?
  • Comment concilier la gratuité des données ouvertes avec leur durabilité financière?
  • Comment harmoniser les responsabilités intergouvernementales et intersectorielles?

Conclusion

Les participants à la table ronde sur la gouvernance, la technologie et les personnes ont éclairé l’urgence d’une réforme coordonnée et inclusive de la gouvernance géospatiale au Canada. Les défis identifiés ne sont pas technologiques, mais relèvent de la coordination, de la reconnaissance professionnelle et de la durabilité financière. Les participants ont insisté sur l’importance de créer des structures légales et stratégiques pour ancrer l’écosystème géospatial dans les réalités actuelles et futures.

La mobilisation continue des intervenants à travers des outils participatifs comme Parlons Ressources Naturelles sera essentielle à la réussite de la prochaine phase de développement : Parlons Ressources Naturelles.